Gestion pilotée : Comment les banques abusent de votre confiance

Par Thibaut Sadones

Choisir la gestion pilotée pour votre contrat est rarement une bonne option

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Votre temps est la ressource la plus précieuse. Avec une vie professionnelle à 1000 à l’heure et face à la complexité des marchés financiers, la tentation est grande de signer un mandat pour la gestion pilotée de votre Assurance-vie ou votre PER.

Il est vrai que la promesse est séduisante : « Dormez tranquille, nos experts s’occupent de tout ».

Mais attention au réveil. Derrière le confort de la délégation se cache souvent un manque à gagner considérable pour votre patrimoine.

L’histoire de ce client qui « faisait confiance »

Récemment, j’ai réalisé un audit patrimonial pour un client. Il détenait un contrat d’assurance-vie en gestion pilotée depuis plusieurs années dans une grande banque française.

  • Les symptômes : Une performance assez moyenne sur les dernières années, dans une période pourtant très favorable aux marchés financiers
  • Le diagnostic : En creusant, j’ai vite découvert que son capital était investi à 100 % dans des fonds « maison » (gérés par la banque elle-même). En plus de ne pas être parmi les plus performants, ces fonds affichent des niveaux de frais très élevés. Voyez plutôt :
Les frais abusifs constatés dans la gestion pilotée d'un contratclient
Une gestion pilotée de mauvaise qualité peut grandement impacter la performance de votre contrat

Le piège des « Fonds Maison » et des frais cachés

La gestion pilotée est rarement une bonne affaire pour l’épargnant. Pour le comprendre, il faut s’intéresser à la structure de frais classique d’un contrat de type assurance-vie :

  • Frais d’enveloppe (Le contrat) : Les frais de gestion facturés par l’assureur. Incontournables, ils rémunèrent la tenue du compte. Ici, ils s’élèvent à 0,96 % par an, un peu au-dessus de la moyenne des frais de gestion en France.
  • Frais de mandat (La gestion pilotée) : Le coût pour que la banque choisisse les fonds à votre place (env. 0,60 %/an).
  • Frais des supports (Les fonds) : C’est la couche la plus lourde. Les fonds « maison » prélèvent en moyenne 2% de frais internes.

Les frais des supports rémunèrent en priorité la société de gestion qui gère les fonds sélectionnés dans votre contrat… mais pas que ! Comme on peut le constater dans le relevé ci-dessus, une part considérable (plus de 1%) de ces frais est reversée à la banque sous forme de rétrocommissions. Ces rétrocommissions n’apportent aucune valeur ajoutée à votre patrimoine, mais enrichissent généreusement votre banque.

Faire fructifier votre patrimoine avec une telle gestion pilotée, c’est comme prendre le départ d’un marathon avec un sac à dos de 20 kg rempli de pierres. Vous parcourez la même distance que les autres, mais malgré tous vos efforts vous avancez deux fois moins vite à cause du poids inutile des frais et de l’inefficacité des fonds sélectionnés.

Les frais élevés en gestion pilotée sont un handicap majeur qui vous empechent de gagner la course
Vous courrez la même course, mais vous partez avec un handicap majeur qui vous empêche de gagner

Performance : Pourquoi l’alibi de la « gestion active » tombe à l’eau

Payer des frais n’est pas un problème en soi. Nous acceptons tous de rémunérer un service, à une condition sine qua non : qu’il apporte une valeur ajoutée réelle. Dans le monde de l’investissement, cette valeur s’appelle la performance.

Le discours bancaire est rodé : « Nos experts pilotent votre épargne pour battre les marchés » . Intéressons-nous donc au fonds « Action US » de ce client et comparons sa performance AVANT frais avec celle son indice de référence sur les 5 dernières années pour en juger :

  • Performance moyenne brute du fonds du client : +14,45 % par an.
  • Performance de l’indice (S&P 500 EUR Gross Total Return) : +18,93 % par an.

Le constat est sans appel : le fonds sous-performe de 4,5 % par an!

La « double peine »

Le plus choquant ? Cette différence de 4,5 % est calculée avant même de déduire les frais de gestion.

C’est ce que j’appelle la double peine :

  • Vous payez plus cher pour une expertise supposée.
  • Vous gagnez moins que si vous aviez simplement investi dans un indice passif.

La promesse de la gestion active — justifier les frais par une meilleure sélection de titres — n’est ici pas tenue. C’est comme payer un coach sportif de haut niveau pour, au final, courir moins vite que si vous étiez seul sur la piste.

Comparatif : Gestion Pilotée (Banque) vs Gestion Libre (Optimisée)

Voici ce qui se passe quand on remplace ces fonds bancaires lourds par des ETF (Exchange Traded Funds), ces fonds qui répliquent simplement les indices avec des frais minimes.

Poste de fraisGestion Pilotée traditionnelle (Banque)Gestion Libre en ETF
Frais du contrat1 %0,5% à 1%
Frais de gestion pilotée0,6 %0 %
Frais des fonds2,00 %0,20%
Total des frais annuels3,6 %0,70% à 1,20%
ImpactLe client part avec un boulet au piedLe capital travaille à plein régime

Si on opte pour une stratégie 100% ETF, la différence est de +2,5% de performance supplémentaire par an rien que sur les frais. Sans même aller a l’extrême et avec un portefeuille davantage diversifié (ETF, fonds actions et obligataires de qualité), la différence dépasse aisément +1,5% par an. Votre sac à dos est d’un coup beaucoup plus léger pour terminer votre marathon.

Pour vous rendre compte de l’impact, imaginez que vous placez 10.000€ sur votre contrat et que les marchés financiers délivrent une performance moyenne de 6% par an. Au bout de 10 ans, vous aurez gagné 2.600€ d’intérêts en gestion pilotée traditionnelle, et 6.300€ avec des frais réduits et une allocation optimisée. Plus du double. A ce niveau, la tranquilité d’esprit coûte (très) cher.

En bref, la gestion pilotée souffre d’un biais énorme qui se caractérise par :

  • Un conflit d’intérêts : La plupart des banques utilisent la gestion pilotée pour placer leurs propres produits financiers. Ces fonds « maison » sont rarement les plus performants du marché, mais ils sont très généreux en rétrocessions pour le gestionnaire.
  • Un manque d’indépendance : Contrairement à une architecture ouverte, le choix est biaisé dès le départ.

Faut-il catégoriquement rejeter la gestion pilotée ?

Toute la gestion pilotée n’est pas à jeter. Quelques « pure players » indépendants parviennent à tirer leur épingle du jeu grâce à des structures de frais très basses (via des trackers/ETF) et une réelle indépendance dans la sélection des supports. Mais ces cas restent l’exception plutôt que la règle.

Il est également important de ne pas confondre la gestion pilotée avec la gestion par horizon (souvent proposée par défaut dans le Plan Epargne Retraite). Si le principe de délégation est semblable, la gestion par horizon vise avant tout la sécurisation progressive du capital à l’approche de la retraite. C’est une mécanique de sécurité pertinente, différente de la promesse de surperformance (souvent fausse) de la gestion pilotée.

La confiance : Une valeur qui se gagne, ne s’achète pas

Dans mon métier de conseiller en gestion de patrimoine, la confiance est le socle de toute relation.

  • Un banquier salarié a des objectifs de vente de produits internes.
  • Un conseiller indépendant (CIF) a un objectif de résultat pour vous.

Ma mission chez Optiliberal est d’être votre partenaire de réflexion. Mon intérêt est aligné sur le vôtre : si votre patrimoine se développe sainement et sans frais inutiles, notre collaboration s’inscrit dans la durée.

Mon conseil d’expert : Reprenez le pouvoir sur vos relevés

Ne vous contentez pas de regarder le solde global de votre contrat.

  • Lisez vos relevés trimestriels : C’est là que se cache la vérité sur les frais et la performance réelle par rapport aux marchés.
  • Analysez les frais totaux : Si l’empilage dépasse 2 % par an, vous travaillez probablement plus pour votre banque que pour votre propre retraite.

Plutôt que de faire une confiance aveugle à un gestionnaire bancaire anonyme, faites appel à un expert qui placera votre intérêt au centre de la stratégie.

Vous avez un doute sur la qualité de votre contrat actuel ? Ne restez pas dans le flou. Je vous propose d’analyser votre relevé de situation pour identifier immédiatement les économies réalisables.

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Thibaut Sadones

Fondateur d'Optiliberal, expert des stratégies financières pour les Médecins Libéraux. Je vous aide à optimiser votre fiscalité et développer votre patrimoine afin de sécuriser votre avenir.

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